{"id":2414,"date":"2025-12-28T23:54:05","date_gmt":"2025-12-28T22:54:05","guid":{"rendered":"https:\/\/cyrille.largillier.org\/sitewp\/?p=2414"},"modified":"2025-12-29T18:18:57","modified_gmt":"2025-12-29T17:18:57","slug":"les-kallikantzaroi-et-larbre-du-monde","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cyrille.largillier.org\/sitewp\/2025\/12\/28\/les-kallikantzaroi-et-larbre-du-monde\/","title":{"rendered":"Les Kallikantzaroi et l\u2019arbre du monde"},"content":{"rendered":"\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>En lisant un article sur les No\u00ebl \u00e0 travers le monde, j&rsquo;ai d\u00e9couvert la l\u00e9gende de Kallikantzaroi. Ne trouvant que des brides d&rsquo;informations par ci par l\u00e0, j&rsquo;ai eu envie d&rsquo;inventer ma version. La voici.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>En cette fin d\u00e9cembre, dans les Balkans, les familles se r\u00e9jouissaient de f\u00eater No\u00ebl, de profiter de moments en famille, d\u2019\u00e9changer les pr\u00e9sents soigneusement choisis.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais cette ann\u00e9e-l\u00e0, l\u2019attention de chacun allait devoir \u00eatre au maximum \u00e0 cause de cr\u00e9atures malfaisantes&nbsp;: les Kallikantzaroi&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Les Kallikantzaroi, m\u00eame les plus grands d\u2019entre eux, atteignaient \u00e0 peine la taille d\u2019un enfant de huit ans. Toutefois, aucun risque de les confondre avec un humain : ils \u00e9taient bien trop laids&nbsp;! M\u00eame s\u2019il en existait de diff\u00e9rentes sortes, tous partageaient des caract\u00e9ristiques communes. D\u00e9taillons leur apparence. Le bas de leur corps \u2014 de leurs pieds, ou plut\u00f4t devrait-on dire sabots jusqu\u2019\u00e0 leur nombril \u2014 \u00e9tait constitu\u00e9 de pattes et d\u2019une queue de ch\u00e8vre, de cheval ou encore de sanglier. Leur partie sup\u00e9rieure ressemblait vaguement \u00e0 la n\u00f4tre mais en bien plus poilue. Leurs dents, leurs oreilles et leurs ongles \u00e9taient plus pro\u00e9minents et pointus que les n\u00f4tres. Et m\u00eame dans l\u2019obscurit\u00e9 la plus profonde, impossible de rater leur pr\u00e9sence : ils d\u00e9gageaient une odeur particuli\u00e8rement naus\u00e9abonde.<\/p>\n\n\n\n<p>Les Kallikantzaroi vivaient sous terre, plus pr\u00e9cis\u00e9ment pr\u00e8s de l\u2019arbre du monde, cet arbre extraordinaire qui soutient notre plan\u00e8te. Que faisaient ces petits \u00eatres mal\u00e9fiques \u00e0 cet endroit\u00a0? Eh bien, tout simplement, ils passaient leurs journ\u00e9es enti\u00e8res dans le noir \u00e0 scier le tronc de cet arbre majestueux avec un seul objectif\u00a0: le sectionner totalement et ainsi apporter le chaos sur terre. Son diam\u00e8tre \u00e9tait tellement imposant que les Kallikantzaroi avaient besoin de pr\u00e8s d\u2019une ann\u00e9e pour l\u2019entailler enti\u00e8rement. On pouvait les entendre se donner de l\u2019allant en criant \u00ab\u00a0Et un, deux, un deux\u2026\u00a0\u00bb. Jamais, ils ne comptaient plus que deux, non parce qu\u2019ils \u00e9taient totalement stupides \u2014 quoique personne n\u2019a jamais pu prouver le contraire \u2014 mais parce que le trois \u00e9tait un nombre sacr\u00e9 pour ces diablotins. Si jamais l\u2019un d\u2019eux avait d\u00fb le prononcer, il serait mort sur-le-champ.<\/p>\n\n\n\n<p>En ce mois de d\u00e9cembre, le tronc \u00e9tait donc presque totalement sectionn\u00e9 et l\u2019arbre du monde commen\u00e7ait \u00e0 d\u00e9p\u00e9rir. Il oscillait de droite \u00e0 gauche et il ne manquait presque rien pour qu\u2019il tombe, entrainant avec lui la fin de l\u2019humanit\u00e9. Mais il faut savoir que les Kallikantzaroi \u00e9taient aussi craintifs que m\u00e9chants. Ainsi, de peur que l\u2019arbre ne les \u00e9crase dans sa chute, ils fuirent le monde souterrain pour rejoindre la surface.<\/p>\n\n\n\n<p>Ne supportant gu\u00e8re la lumi\u00e8re du jour, ils profit\u00e8rent alors des longues nuits de d\u00e9cembre pour commettre leurs m\u00e9faits. Ils p\u00e9n\u00e9traient dans les maisons en glissant dans la chemin\u00e9e lorsque tout le monde dormait. Ils s\u2019en donnaient alors \u00e0 c\u0153ur joie. Ils lanc\u00e8rent les aliments du cellier contre les murs, sortirent les v\u00eatements des placards et les souill\u00e8rent\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Au r\u00e9veil, les villageois rest\u00e8rent interloqu\u00e9s face \u00e0 ce carnage. Ils remarqu\u00e8rent des empreintes de sabots partant de la chemin\u00e9e. Ils d\u00e9cid\u00e8rent donc, dans chaque maison d\u2019alimenter suffisamment le feu pour qu\u2019il reste actif toute la nuit et emp\u00eache le passage des cr\u00e9atures.<\/p>\n\n\n\n<p>La nuit suivante, les Kallikantzaroi furent bel et bien frein\u00e9s dans leurs m\u00e9faits. Ils se concentr\u00e8rent alors sur les quelques maisons qui n\u2019avaient pas suffisamment approvisionn\u00e9 le foyer en b\u00fbches ou sur celles inoccup\u00e9es. Dans ces derni\u00e8res, ils prirent un malin plaisir \u00e0 briser la vaisselle au sol, casser les fen\u00eatres\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Pendant les nuits qui suivirent, tous les acc\u00e8s par les chemin\u00e9es furent condamn\u00e9s par des feux entretenus en continu. Frustr\u00e9s, les Kallikantzaroi ne pouvaient plus assouvir leurs d\u00e9sirs destructeurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Il leur fallut quelques jours pour comprendre qu\u2019ils pouvaient acc\u00e9der \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des maisons par d\u2019autres moyens. Ils se mirent alors \u00e0 fracturer les portes. Ils se d\u00e9chain\u00e8rent alors de plus belle, allant m\u00eame, pour certains d\u2019entre eux, jusqu&rsquo;\u00e0 uriner et d\u00e9f\u00e9quer sur le sol.<\/p>\n\n\n\n<p>Au r\u00e9veil, les habitants \u00e9taient totalement d\u00e9sempar\u00e9s face aux d\u00e9g\u00e2ts subis, eux qui esp\u00e9raient avoir trouv\u00e9 une parade aux intrusions de ces diablotins. Toutes les maisons avaient \u00e9t\u00e9 touch\u00e9es, sauf une. Ils essay\u00e8rent de comprendre pourquoi elle avait \u00e9t\u00e9 \u00e9pargn\u00e9e. La serrure n\u2019\u00e9tait pourtant pas plus solide que celle des autres demeures. La seule diff\u00e9rence notable \u00e9tait une vieille passoire accroch\u00e9e en guise de d\u00e9coration sur la porte. Sans vraiment comprendre ce qui avait pu se produire et sans r\u00e9ellement \u00eatre convaincus de l\u2019int\u00e9r\u00eat de cette action, chacun accrocha une passoire sur la porte avant de se coucher.<\/p>\n\n\n\n<p>Le lendemain matin : rien. Pas un seul d\u00e9g\u00e2t dans les maisons. Cette technique, pour le moins insolite avait fonctionn\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Quand les Kallikantzaroi s\u2019\u00e9taient retrouv\u00e9s face \u00e0 ces passoires, ils avaient \u00e9t\u00e9 comme hypnotis\u00e9s par ces ustensiles. On les avait vu immobiles, tentant de compter le nombre de trous qu\u2019elles poss\u00e9daient&nbsp;: \u00ab&nbsp;Un, deux\u2026&nbsp;\u00bb Et comme ils ne pouvaient pas prononcer le nombre trois sous peine d&rsquo;\u00eatre extermin\u00e9s, ils recommen\u00e7aient \u00ab&nbsp;Un, deux\u2026&nbsp;\u00bb encore et encore, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019arriv\u00e9e des premi\u00e8res lueurs du matin qui les sortaient de leur torpeur.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s quelques nuits de nouvelles tentatives, ils durent se rendre \u00e0 l\u2019\u00e9vidence : ils \u00e9taient impuissants face au magn\u00e9tisme de ces passoires. Les premiers jours de janvier \u00e9taient arriv\u00e9s, les nuits raccourcissaient et le chaos qui aurait d\u00fb se produire avec la chute de l\u2019arbre du monde n\u2019\u00e9tait toujours pas l\u00e0. Les Kallikantzaroi prirent la d\u00e9cision de retourner sous terre pour achever leur \u0153uvre et exterminer totalement l\u2019arbre.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais les petits \u00eatres malfaisants furent d\u00e9pit\u00e9s en revenant pr\u00e8s du tronc. Plus aucune entaille. Il s\u2019\u00e9tait totalement r\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9, aussi fort qu\u2019auparavant, peut-\u00eatre davantage. L\u2019\u00e9nergie de solidarit\u00e9 des villageois lors des attaques, ainsi les sentiments positifs des humains pendant les f\u00eates de No\u00ebl, avaient redonn\u00e9 de la vigueur \u00e0 l\u2019arbre.<\/p>\n\n\n\n<p>Les Kallikanzaroi reprirent leurs scies et entreprirent de le couper de nouveau.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Et un, deux, un deux\u2026&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">Version librement inspir\u00e9e des l\u00e9gendes des balkans et \u00e9crite par Cyrille Largillier.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">Texte sous licence libre creative commons by-sa<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/cyrille.largillier.org\/sitewp\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/kallikantzaroi.pdf\">Version PDF<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/cyrille.largillier.org\/sitewp\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/kallikantzaroi.epub\">Version epub<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/cyrille.largillier.org\/sitewp\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/kallikantzaroi.odt\">Version odt<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En lisant un article sur les No\u00ebl \u00e0 travers le monde, j&rsquo;ai d\u00e9couvert la l\u00e9gende de Kallikantzaroi. 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