L’hérissien
Avant-propos
J’avais l’idée principale de cette histoire depuis un bon moment. Et puis, comme souvent, pas le temps de creuser les détails, de finaliser… J’ai voulu la reprendre ces derniers jours. J’ai eu envie de voir si l’utilisation de l’intelligence artificielle pouvait être intéressante pour m’aider dans ce projet. J’ai utilisé Copilot (j’aurai pu en prendre une autre, le choix, c’est un peu fait au hasard). Je lui ai donné mes différents idées, le détail des interactions entre les personnages
Les point positifs : Arrive à donner des reformulation de certaines phrases maladroites. L’IA donne plusieurs pistes à explorer. Elle propose la rédaction de certaines parties. Le ping-pong avec l’IA permet à mon cerveau d’aller explorer des pistes que je n’aurai peut-être pas envisagées.
Les points négatifs : L’IA reste très (trop) bienveillante et trouve que ce que tu lui proposes est top (alors que clairement non). Si on ne creuse pas un peu, les propositions de l’IA peuvent être assez simplistes.
Est-ce que cette histoire est finalement toujours la mienne ? Vraie question.
L’image de couverture a elle été générée avec Chat-GPT.

La visite nocturne
La nuit est en train de tomber, les fenêtres de la maison s’opacifient automatiquement en une fraction de seconde. Plus aucun rayon de lumière ne peut passer à travers ce vitrage.
Si ce phénomène peut te paraitre extraordinaire, cher lecteur, sache qu’il s’agit d’une technologie tout à fait banale en ce début de 22e siècle.
Suki, l’héroïne de notre histoire, n’y prête même pas attention. Elle sait toutefois, que cela signifie qu’il est l’heure d’aller au lit. À huit ans, elle n’a pas encore le droit de se coucher trop tard. Sa mère, la professeure Lüghna Melvig est intransigeante sur ce point.
« Bip Cling Bip »
Le distributeur extérieur de croquettes, installé sur la terrasse, vient de se mettre en route. Étrange ! Rourou, le vieux chat de la famille dort profondément sur le canapé… et c’est le seul félin du quartier.
Intriguée, Suki, demande à Hellessé, l’ordinateur de la maison, d’activer la vision nocturne pour les fenêtres de la terrasse. Instantanément, le jardin apparait aussi net qu’en plein jour malgré l’obscurité extérieure.
Et là, près du distributeur, un petit hérisson est tranquillement en train de déguster les croquettes de Rourou.
À 8 ans, c’est la première fois que la jeune fille en voit un vrai. Il faut savoir qu’au 22e siècle, le hérisson sauvage est une espèce très rare. Leur population a fortement diminué au cours du siècle précédent. La faute de l’homme.
Au 21esiècle, on aurait dit, cher lecteur,que le hérisson est en voie d’extinction. Mais cette expression n’existe plus à l’époque de Suki. Les généticiens – dont la professeure Melvig est l’une des plus brillantes – savent recréer n’importe quel être vivant à partir de son ADN.L’intégralité du patrimoine génétique des espèces terrestres a été étudiée et conservée.Grâce à ces connaissances, ils peuvent recombiner des séquences d’ADN et faire naître un individu parfaitement viable, identique à une espèce disparue ou entièrement nouveau.
Revenons, à notre petite Suki. Au premier regard, elle tombe sous le charme de cet animal.
– Dis maman, tu crois qu’on peut le garder chez nous ? Toi, tu aurais Rourou et moi ce hérisson !
Lüghna explique à sa fille que le hérisson est un animal sauvage, qui se promène librement sur un territoire de plusieurs hectares. Le capturer, le priver de sa liberté de mouvement le condamnerait à une mort proche.
– Dommage que le hérisson soit pas comme un chien, regrette Suki.
Un peu triste, mais comprenant l’impossibilité de domestiquer cette petite bête, Suki ordonne de nouveau l’opacification des vitres – Hellessé s’exécute – puis se glisse sous sa couette.
Les jours suivants, notre héroïne, guette avec attention le retour du hérisson. Elle l’aperçoit quelquefois. Après avoir mangé quelques croquettes ou des limaces, il repart de sa drôle de démarche. Suki oscille alors entre la joie de le voir et la tristesse de son départ.
Une drôle d’idée
Les jours passent, et Lüghna observe sa fille sans rien dire.
Chaque soir, Suki se poste devant les vitres, immobile, les yeux fixés sur le jardin. Et les soirs où la petite silhouette piquante apparaît puis disparaît, la même expression traverse son visage : un éclair de joie… suivi d’une ombre de tristesse.
Ce soir‑là, Suki est déjà montée se coucher. Hellessé a tamisé les lumières, et le salon baigne dans une lueur douce.
Lüghna s’approche de la vitre. Le jardin est vide. Le hérisson n’est pas venu.
La phrase de Suki lui revient en tête : « Dommage que le hérisson soit pas comme un chien. »
Dans son esprit, quelque chose s’assemble.
Un hérisson. Un chien.
Un animal sauvage, un animal domestique.
Un être craintif, un compagnon affectueux.
De mémoire de scientifique, cet assemblage n’a jamais été tenté. L’idée est audacieuse. Mais, techniquement, elle est possible. Pour la professeure Melvig, ce n’est même pas un défi.
La vraie question est ailleurs.
Est‑ce raisonnable de créer un nouvel animal hybride ?
Quel avenir pour une telle créature ?
Malgré ses doutes, Lüghna pense à la joie que cela pourrait apporter à sa fille.
Elle se décide. Dès le lendemain, elle commencera les premières étapes de conception d’un hérissien : un organisme basé sur le hérisson, enrichi de quelques gènes de chien.
La création
Comme chaque jour de classe, Hellessé annonce l’arrivée de la navette autonome qui conduit Suki à son école. Elle embrasse sa mère. Hellessé déverrouille la porte de la maison. Le véhicule s’arrête. La caméra reconnait automatiquement la jeune fille.
« Suki Melvig, classe de CE2, école Élise et Célestin Freinet »
La porte coulisse et laisse entrer notre écolière qui s’installe, pressée, à côté d’une camarade.
Aujourd’hui, Lüghna est encore plus impatiente que sa fille. Elle rejoint rapidement son laboratoire.
Arrivée devant le bâtiment, elle passe sa main sur le capteur d’accès tandis qu’un scanner vérifie l’iris de son œil.
« Bienvenue Professeure Melvig ! »
Installée à son bureau, un nouveau contrôle de ses empreintes et de son iris déclenche son assistant informatique.
« Lüghna, vous n’avez aucun projet en cours. Voulez-vous en initier un nouveau ? »
— Oui, répond-elle. Projet de conception d’un organisme hybride. Base : Erinaceus europaeus1. Ajouts ciblés : séquences comportementales et sensorielles canines.
Les structures de l’ADN du hérisson et du chien se modélisent, côté à côte, devant elle.
La professeure Melvig sélectionne quelques fragments précis de l’ADN du chien, ceux responsables des comportements sociaux. Elle les insère dans l’ADN du hérisson afin que l’hybride créé soit un animal domestique. Le système analyse, compare, ajuste les manipulations de Lüghna.
« Compatibilité génétique : optimale.
Stabilité de l’organisme : élevée.
Rappel : toute modification génétique peut engendrer des effets imprévisibles »
Lüghna hoche la tête. Elle connait par cœur cet avertissement. La technologie qu’elle utilise n’a plus rien à voir avec les premiers essais du 20e siècle. Pour autant, manipuler le vivant comporte toujours des risques, même s’ils sont minimes.
Elle fait confiance à ces modèles : ils ont permis de restaurer des dizaines d’espèces disparues ces dernières années. Elle relance toutefois la simulation une deuxième fois. Mêmes résultats.
Elle active la création réelle de l’hérissien. Les différentes étapes s’enchainent automatiquement. Lüghna n’a qu’à valider à chaque stade. Les cellules créées sont déposées dans une capsule sphérique tapissée de gel nutritif. Elles se multiplient, s’organisent, se spécialisent. Lüghna observe les premiers signaux biologiques apparaitre sur l’écran. Tout semble stable et cohérent.
Comme à chaque fois, elle ressent une pointe d’émotion. Permettre la naissance d’un nouvel être vivant est toujours une aventure particulière… surtout cette fois-ci.
Maintenant que les premières cellules ont été créées, tu dois penser cher lecteur, que nous allons devoir patienter une quarantaine de jours, le temps de la gestation d’un hérisson. Heureusement pour le rythme de cette histoire, au 22e siècle, la technologie nous évite un tel ennui.
Toutes les premières étapes du développement cellulaire peut, dans certaines conditions, être accélérées cent fois plus vite. La capsule sphérique offre justement ces conditions optimales. Les heures passent pendant lesquelles la professeure Melvig gère des affaires courantes.
En milieu d’après-midi, son assistant informatique annonce :
« Création de l’hybride HC-2145-Z06 terminée »
Lüghna quitte ses dossiers, se dirige vers la capsule qu’elle voit s’ouvrir. Elle voit le petit corps recroquevillé, encore endormi. Petit à petit, le choupisson2 se réveille. Il a la taille d’un jeune hérisson d’un mois. Il a le museau fin du hérisson avec une truffe un peu plus proéminente. Ses piquants sont courts, souples, presque doux. Ses oreilles rappellent celles d’un chiot.
Il commence à bouger et vient naturellement se frotter contre la main de notre maman scientifique :
— Bonjour, petit hérissien !
La surprise de Suki
En fin de journée, Lüghna quitte le laboratoire avec une petite caisse de transport. À l’intérieur, le hérissien dort encore, roulé en boule, ses piquants souples frémissant légèrement à chaque respiration. Hellessé détecte son arrivée et déverrouille la porte.
« Bienvenue à la maison, Professeure Melvig. »
Hellessé enregistre automatiquement la présence du nouvel animal.
« Température intérieure ajustée pour un organisme juvénile. »
Lüghna sourit. Elle traverse le salon et pose délicatement la caisse sur le tapis.
Quelques minutes plus tard, la navette scolaire s’arrête devant la maison. La porte coulisse, et Suki entre en courant.
— Maman ! Je suis rentrée !
Elle s’arrête net en voyant la caisse.
— C’est… c’est un hérisson ?
Ses yeux brillent, mais son visage se crispe aussitôt.
— Mais… tu m’as dit qu’on ne pouvait pas en garder un. Qu’il devait rester libre…
Lüghna s’agenouille à côté de sa fille.
— Oui, Suki. Un hérisson sauvage doit vivre dehors. Mais cet animal n’est pas un hérisson sauvage.
Le petit hérissien se réveille, étire ses pattes, et relève la tête. Ses yeux sont plus ronds, plus expressifs que ceux d’un hérisson ordinaire. Il pousse un petit couinement curieux.
Suki ouvre grand la bouche.
— Il n’a pas l’air farouche.
— Non, répond Lüghna. Parce qu’il n’est pas né dans la nature. Je l’ai conçu spécialement pour toi aujourd’hui. C’est un animal hybride : un hérisson, mais avec les capacités sociales d’un chien. Je l’ai nommé : hérissien.
Suki approche sa main, hésitante. Le hérissien s’avance aussitôt, renifle ses doigts, puis se frotte contre sa paume comme le ferait un chiot. Ses piquants souples vibrent doucement.
— Oh ! Il est tout doux !
La fillette éclate de rire.
— Maman, on dirait qu’il m’aime déjà !
Lüghna observe la scène, émue. Le petit hybride grimpe maladroitement sur les genoux de Suki, puis se roule contre son ventre, parfaitement à l’aise.
— Tu vois, dit Lüghna. Il n’a pas peur des humains. Il a été conçu pour vivre avec nous.
— Alors, je peux le garder ?
— Oui. Il est à toi. Mais tu devras t’en occuper, comme d’un vrai animal domestique.
Suki serre le hérissien contre elle, avec une douceur instinctive.
— Je m’en occuperai. Promis.
Le petit être pousse un minuscule grognement de contentement, puis lui lèche les doigts.
Suki rit encore.
— Maman, il fait comme un chien !
— C’était un peu l’idée, répond Lüghna en souriant.
Et pour la première fois depuis des jours, Suki ne regarde plus vers le jardin. Elle regarde son hérissien.
Le bruit infernal
Les jours s’enchainent les uns après les autres. L’hérissien trouve naturellement sa place dans la maison. Rourou qui était initialement méfiant s’est petit à petit familiarisé avec ce nouveau venu. On a l’impression qu’il joue un peu un rôle de grand frère. Il n’hésite pas à lui mettre des petits coups de pattes lorsque l’hérissien essaie de faire une bêtise.
Suki est toujours sous le charme de son nouvel animal de compagnie. Elle remplit parfaitement sa mission et s’occupe bien de lui. Elle avait commencé à lui chercher un nom. Et puis finalement, elle a gardé Hérissien tout court. Après tout, il n’y en a pas d’autres sur terre.
Hérissien poursuit sa croissance. Il possède désormais presque la taille d’un hérisson adulte.
Tu vas me dire, cher lecteur, que tout cela est bien beau mais qu’il ne se passe plus grand-chose dans cette histoire. On pourrait presque conclure sur un « Et ils vécurent heureux pendant de longues années. » Malheureusement, tout n’est pas si simple. Lis attentivement la suite.
Depuis quelques nuits, Rourou refuse de dormir près d’Hérissien. Il semble même chercher à l’éviter. Suki et sa mère ne prêtent pas plus que cela attention à ce changement d’attitude de leur chat. Elles pensent qu’il y a peut-être une pointe de jalousie chez le félin.
Quelques jours plus tard, Suki se réveille en sursaut en pleine nuit. La nuit, un bruit étrange résonne dans la maison. Un mélange de grognement, de sifflement et de ronflement. Un son continu, irrégulier, impossible à ignorer.
Elle appelle sa mère :
— Maman… tu entends ?
Lüghna arrive aussitôt dans la chambre. Le hérissien dort profondément, mais sa truffe vibre, son museau se contracte, et un bruit étonnant sort de sa gorge.
— Ce n’est rien, dit Lüghna. Il rêve peut‑être.
Mais la nuit suivante, le bruit recommence. Puis la suivante. Et encore la suivante. Impossible de dormir avec un tel vacarme. Suki est épuisée. Lüghna aussi. Rourou refuse de s’approcher d’Hérissien. Même Hellessé signale une « activité sonore nocturne inhabituelle ».
Après une nouvelle nuit avec ce bruit insupportable, Suki et sa mère se retrouvent au petit déjeuner. Elles ont de grosses cernes sous les yeux, signe de leur manque de sommeil.
— Maman, il faut absolument trouver une solution pour le bruit que fait Hérissien quand il dort. Cela ne peut pas durer. Malgré toute l’affection que j’ai pour lui, s’il continue à faire ce bruit, je crains qu’on ne puisse pas le garder avec nous. Notre santé est en jeu. Même Rourou ne le supporte plus.
— Tu as raison ma chérie. Je te promets d’essayer de trouver une solution. J’emmène Hérissien dès ce matin au laboratoire.
Le diagnostic
Le matin même, Lüghna emmène Hérissien au laboratoire. Le petit animal ne semble pas trop inquiet par ce subit déménagement. Rourou, lui, observe la scène depuis l’entrée, l’air soulagé de voir l’auteur de ces insupportables bruits quitter la maison. Il va enfin pouvoir se reposer un peu.
Arrivée au laboratoire, la professeure Melvig installe Hérissien dans une capsule d’examen qui diffuse un gaz tranquillisant. Très rapidement, le petit hybride s’endort paisiblement. Les capteurs se mettent en marche pour analyser la situation. La respiration d’Hérissien apparaît sur l’écran sous forme de courbes lumineuses. Au bout de quelques minutes, le bruit qui épuise toute la famille résonne dans la pièce : un mélange de ronflement, de sifflement et de grognement.
Lüghna fronce les sourcils. Elle zoome sur la zone du museau. Les données s’affichent. Elle comprend le phénomène qui engendre ce boucan.
Elle appelle Suki en visioconférence.
— Regarde, dit-elle en montrant l’image du museau d’Hérissien.
— On dirait qu’il bouge beaucoup quand il dort.
— C’est exactement ça. Sa truffe est un peu trop large pour son museau.
— À cause des gènes de chien ?
— Oui. La truffe canine s’est développée plus vite que prévu. Rien de grave, mais ça gêne un peu sa respiration quand il dort. En réalité, il ronfle, tout simplement.
Suki éclate de rire malgré la fatigue.
— Il ronfle ? Comme papy ?
— Exactement comme papy.
— Mais, on peut faire quelque chose ? demande Suki, soudain inquiète.
Suki, à l’écran, attend la réponse de sa mère avec une inquiétude visible. Elle espère que ce n’est rien de grave.
À ce moment de suspense incroyable de l’histoire, tu te demandes aussi, cher lecteur, comment faire pour que Hérissien ne ronfle plus. Un appareillage spécifique ? Une opération chirurgicale ? Rien du tout ? Patience, tu vas le découvrir tout de suite.
— Oui, bien sûr. Je peux ajuster légèrement la croissance de sa truffe. Une petite correction génétique, très simple. Il ne sentira rien.
Lüghna prépare une micro‑injection contenant un correcteur génétique ciblé. Rien qui ne transforme totalement l’animal : seules les cellules de la truffe seront modifiées pour réduire sa taille et harmoniser sa forme avec celle du museau. Elle injecte doucement le produit dans la peau du petit hybride. Hérissien remue à peine, puis se rendort aussitôt.
— Voilà, dit-elle. Maintenant, il faut juste attendre quelques jours.
Le calme retrouvé
De retour chez elle, Lüghna installe Hérissien dans son panier. Rourou s’approche prudemment, renifle, puis s’éloigne sans feuler. C’est déjà un progrès.
La première nuit, le bruit est encore présent, mais un peu moins fort. La deuxième nuit, il devient plus discret. La troisième, il n’y a plus qu’un léger souffle, presque mignon.
Et au bout d’une semaine, plus rien. Juste la respiration calme et régulière d’Hérissien.
Rourou revient dormir près du panier. Suki retrouve son sourire et son énergie. Les cernes de Lüghna ont disparu. La maison est de nouveau sereine.
Un matin, Suki caresse la petite truffe devenue plus fine, parfaitement adaptée au museau.
— Maman, il ne ronfle plus du tout !
— Oui. Comme les cellules de sa truffe ont été modifiées, sa taille a été réduite.
— Alors, je crois qu’il peut rester avec nous.
— Bien évidemment !
Suki enlace sa mère. Hérissien se love contre Suki. Rourou vient se frotter à Hérissien.
Et c’est ainsi, cher lecteur, que se termine cette histoire un peu étrange pour notre époque, mais qui semblera peut‑être tout à fait naturelle aux enfants du 22e siècle.
1 Nom scientifique en latin du hérisson
2 Le choupisson est le nom donné au bébé hérisson

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